Les capitaux de l'Islam, PRESSES DU CNRS, Mai 1990 (Gilbert Baugé)

L’économie islamique définit un système complet qui prescrit pour tout individu des moyens spécifiques de comportements sociaux et économiques. Cette économie repose sur un précepte fondamental admis comme axiome parce que révélé par les écritures : l’interdiction du taux d’intérêt, « riba », défini comme un retour fixe et prédéterminé de l’usage de la monnaie. Il n’interdit cependant pas la récompense de cet usage à condition qu’elle soit indissociablement liée au profit de l’activité qu’elle finance, constaté a postériori.

Cette économie est par essence de marché car précisément sans contrainte, aux ajustements automatiques. Or, au cœur du libéralisme économique, le taux d’intérêt est rigide, contraignant et finalement très coûteux. Dans toutes les théories économiques modernes, ce coût naît du point d’intersection entre une courbe d’offre et une autre de demande donnant une impression d’équilibre entre prix et quantité.

Avec le principe du partage des profits et pertes (4P), la relation investissement-revenu coïncide avec celle d’épargne-revenu de sorte que la contrainte investissement-intérêt disparaît.

Dès les années 80, des économistes ont appuyé l’idée d’établir un système financier qualifié de « participation équilibrée ». Parallèlement, les monétaristes travaillaient sur la non-assurance d’un retour garanti sur les placements à l’appui des outils de placement collectifs fondés sur la mutualisation des risques.